
Pour les anciens Égyptiens, la mort n’était pas une fin, mais une étape d’un voyage éternel. Loin d’être une entité unique et simple, l’âme était perçue comme un être composite, une mosaïque de neuf entités distinctes, chacune jouant un rôle crucial pour garantir l’immortalité de la personne.
Plongeons dans les mystères de cette psychologie spirituelle fascinante, où la magie (heka) imprégnait chaque aspect de l’existence.
Les Composantes Terrestres et Vitales : Le Khat, le Ka et le Ba

Le fondement de l’être reposait d’abord sur le Khat, le corps physique. Pour que l’âme puisse fonctionner après la mort, ce « vaisseau mortel » devait rester intact, ce qui explique l’importance centrale de la momification dans leur culture.
Venaient ensuite deux éléments essentiels à la survie spirituelle :
- Le Ka : Il s’agissait du double astral ou de la « forme double » de la personne. Créé à la naissance, le Ka était la source vitale qui permettait à l’individu de continuer à recevoir des offrandes dans l’au-delà.
- Le Ba : Souvent représenté sous la forme d’un oiseau à tête humaine, le Ba était la partie de l’âme capable de se déplacer entre le ciel et la terre. Il faisait le pont entre le cadavre et l’autre monde.

L’Identité et la Protection : Le Ab, le Ren et le Shuyet
L’identité profonde de l’Égyptien était préservée par trois autres composantes :
- Le Ab : C’était le cœur spirituel, le siège de l’individualité et du caractère. C’est cette partie qui était pesée dans la balance d’Osiris contre la plume de la vérité (Maât) pour déterminer si l’âme méritait le paradis.
- Le Ren : Le nom secret donné à la naissance. Tant que le nom d’une personne était prononcé ou existait, l’être continuait d’exister pour l’éternité.
- Le Shuyet : L’ombre de l’âme. En Égypte, l’ombre symbolisait le confort et la protection, agissant comme un guide pour l’âme dans l’au-delà.

Vers l’Immortalité Divine : L’Akh, le Sahu et le Sechem
Le but ultime du défunt était de devenir un Akh, le « moi immortel et transformé ». L’Akh résultait de l’union magique du Ba et du Ka, permettant à l’esprit de briller parmi les étoiles avec les dieux.
Cette forme supérieure se manifestait par :
- Le Sahu : L’aspect de l’Akh qui pouvait apparaître sous forme de fantôme ou dans les rêves pour aider ou hanter les vivants.
- Le Sechem : L’énergie vitale qui permettait à l’individu de maîtriser son environnement et les circonstances dans l’autre monde.
Pourquoi ces croyances sont-elles importantes ?


Cette vision complexe explique pourquoi les Égyptiens prenaient les rituels mortuaires si au sérieux. Chaque partie de l’âme devait être nourrie et protégée. Les familles apportaient des offrandes de nourriture à la tombe pour soutenir le Ka, ou engageaient des « serviteurs du Ka » pour s’assurer que le défunt ne manque de rien.
En comprenant ces neuf facettes, on réalise que l’Égypte ancienne ne craignait pas la mort, mais célébrait la continuité de la vie à travers une structure spirituelle d’une richesse inégalée.

En conclusion, la notion d’âme, qu’elle soit vue comme une construction mentale, un « paquet de neurones » ou une entité immortelle complexe, demeure au cœur de la compréhension de l’humain et de son rapport à l’invisible.
Le lien avec la médiumnité et la partie de l’âme contactée
Le médium entre en contact avec des aspects spécifiques de la psyché ou de l’âme qui survivent ou se manifestent après la mort physique :


- Le Sahu et l’Akh (Égypte antique) : Dans la tradition égyptienne, le Sahu est explicitement défini comme l’aspect de l’âme (l’Akh) qui apparaît sous forme de fantôme ou dans les rêves. C’est cette forme supérieure et immortelle qui, une fois justifiée par les dieux, a la capacité de revenir vers le monde des vivants pour aider ou communiquer.
- Le Ba : Cette partie de l’âme, représentée par un oiseau à tête humaine, est celle qui possède la mobilité nécessaire pour voyager entre l’au-delà et la terre. Un médium pourrait être perçu comme percevant les déplacements du Ba lorsqu’il revient sur les lieux que la personne à aimés.
- Les complexes psychiques personnifiés (Jung) : D’un point de vue de la psychologie analytique, la vision de « fantômes » ou le contact médiumnique peut s’expliquer par la projection de complexes psychiques personnifiés issus de l’inconscient. Ici, le médium puiserait dans les « invariants de l’âme » ou dans l’inconscient collectif pour manifester une présence.
- La conscience délocalisée : Les recherches sur les expériences de mort imminente (EMI) suggèrent que la rencontre avec des entités ou des proches décédés se produit dans des états de conscience altérés. Le médium agirait alors comme un récepteur capable d’accéder volontairement à ces fréquences ou états de conscience où la perception est dissociée de l’environnement physique.
Si l’on suit ces traditions et théories, le médium ne contacte pas le corps physique (Khat), mais plutôt l’esprit éclairé (l’Akh) ou ses manifestations spectrales (le Sahu), ou encore des fragments psychiques persistants qui résident dans la structure profonde de la psyché humaine.
